samedi 12 juillet 2008

Université d'été du Cinéma - compte rendu

Peut-être les deux semaines les plus importantes de ma vie, cinématographiquement parlant. J'en reviens avec de nouveaux questionnements, de nouvelles envies, une énergie toute neuve et débordante. Il me tarde de me remettre au travail.

Comme dit précédemment, j'ai été invité à l'université du cinéma organisée par la SACEM et la Directors et Writers' Guilde of America. Durant une semaine, dans un magnifique hôtel de Rochefort (avec ses kilomètres de pelouse propices à la conversation et à la réflexion) j'ai discuté entre autres avec Jon Amiel - mon nouveau gourou - et Brigitte Roüan qui m'ont expliqué, de la façon la plus claire et la plus simple possible, comment on fait du cinéma. On a parlé scénario, direction d'acteur, découpage, répétition, etc. Le conseil qui m'a le plus marqué ? C'est celui de Jon Amiel que je pourrais résumer ainsi : Process is more important than result. Qu'est-ce que ça veut dire ? hé hé. Vous n'aviez qu'à être là. Moi, ça a changé ma vie ; je ne ferai plus les choses de la même façon maintenant.

Ensuite, une semaine de festival du film à la Rochelle, avec Julie. Rétrospective Von Stroheim, Von Sternberg et surtout... Mike Leigh, dont m'avait parlé Jon comme d'un modèle dans le travail d'improvisation. Mike Leigh avec lequel j'ai échangé quelques mots à La Rochelle après sa MasterClass, ainsi qu'à Paris, trois jours plus tard, quand je l'ai rencontré par hasard dans la rue.

C'est drôle la vie, non ?

samedi 21 juin 2008

Pendant ce temps-là, aux Amériques ...

Quand les Indiens d'Amérique s'emmerdent, ils clignotent.
Chacun son truc.

Incroyable photo, non ? C'est le travail de Joshua Heineman fabriqué à partir d'archives trouvées dans la Bibliothèque de New York. Le mouvement intermittent donne une réelle impression de profondeur qu'on n'a pas l'habitude de voir sans lunettes spéciales. (Sur la photo ci-contre, les mains et les genoux semblent particulièrement en relief.)

Il a choisi d'animer ainsi toute une série de vieux clichés en noir et blanc, parfois sépia, pour ramener à la vie les fantômes du passé. Ici, un Indien qui avait, disait-on, plus de 136 ans. (Ahhhh mais c'est pour ça qu'il tremble !).

Pour voir les autres photos, toutes aussi impressionnantes, c'est ici.

jeudi 19 juin 2008

Dans la série "pas-besoin-de-sortir-de-chez-soi-pour-faire-de-belles-photos"...

Je ne sais pas si "photographe de balcon" est un vrai métier, si on peut gagner sa vie avec, et si les entreprises en recrutent beaucoup en ce moment. Mais c'est un métier passionnant qui consiste à peu de choses près à ceci : vous glandez dans votre canapé en regardant la télé et, de temps en temps, vous regardez par la fenêtre pour voir si c'est joli dehors. Si oui, prenez une photo.

Alors après la jungle urbaine, je vous présente une nouvelle oeuvre photographique (sans trucage) que j'ai sobrement intitulée "Immeuble Orange à Teinte Théâtrale servi avec sa Salade de Feuilles d'Arbres saupoudré d'un Nuage de Crème de Lune". Parce que les jolies photos méritent de jolis titres.

Seul écueil de la profession: la seule façon d'entamer une nouvelle série, c'est de déménager.

J.H. Artiste ch. appt. av. terr. vue sur jardin Eden

samedi 14 juin 2008

Mon (Tout) Petit Univers

Un petit film qu'on a tourné récemment et que je viens de finir de monter :

C'est un premier montage, alors n'hésitez pas à laisser des commentaires !...

mercredi 11 juin 2008

"Lundi Matin" lauréat du Fonds Culturel Franco-Américain (ou comment je suis invité à La Rochelle)

"Lundi Matin", c'est un scénario que j'écris depuis un petit moment (Lire ici.) Et le Fonds Culturel Franco-Américain, c'est une partenariat créé depuis 1996 entre la SACEM (France), la Guilde des Scénaristes et la Guilde des Réalisateurs (US) et qui a pour mission de créer des passerelles entre les auteurs et les réalisateurs des deux côtés de l'Atlantique. Et figurez-vous, enfin, que ce fameux fonds organise chaque année un concours de scénario de court-métrage dont les lauréats sont invités une semaine à La Rochelle, juste avant le festival, pour travailler leurs scénars avec des auteurs et réalisateurs professionnels français et américains. Et si je vous parle de tout ça, c'est parce que j'ai gagné.

L'idée maîtresse de cette semaine (tous frais payés !) est de travailler le scénario mais aussi - et surtout - la direction d'acteurs, discipline parfois délaissée en France, et de voir comment l'un peu influencer l'autre, et réciproquement. Ainsi, en plus des huit lauréats qui ont vu leur scénario sélectionné, sont invités des comédiens professionnels afin de travailler chaque scénario en "live action", sous le parrainage des intervenants professionnels. On ne sait pas encore qui sont les français, mais on sait que le réalisateur américain est Jon Amiel (Sommersby, Copycat, Haute Voltige...) et l'auteur Peter Lefcourt, un scénariste de télé réputé aux Etats Unis.

Vu l'emploi du temps hier : beaucoup de travail et de rencontres en perspective. Et puis après, je reste pour le Festival du film de la Rochelle, partenaire du projet. Bref: youpi.

samedi 7 juin 2008

La Lettre au Roi #1

Une série de BD qui s'appellerait "la Lettre au Roi", toutes réalisées sur l'arrière de vraies enveloppes, et dont la première ressemblerait à :

Cliquez sur l'image, peut-être se passera-t-il quelque chose...

mardi 3 juin 2008

L'insidieuse manipulation des panneaux du métro

Panneau dans le métro Une photo prise hier (cliquer pour agrandir). A priori, c'est anodin. Juste un panneau dans le métro. "Attention au vide DANGER". En d'autres termes : faites gaffe où vous mettez les pieds, vous êtes au bord de la voie. Et en même temps, c'est un choix de mot un peu étrange, je trouve. Attention au vide, DANGER... Ca sonne presque comme un avertissement philosophique, une considération métaphysique. Une mise en garde contre le néant. Et de fait, plus on regarde ce fichu panneau, sa typographie, sa couleur, l'espacement des lettres, la sentencieuse taille du mot DANGER en capitales, plus on est envahi par une sensation bizarre... Où ai-je lu ça auparavant ? N'y avait-il pas un avertissement de ce type parmi les affichages de propagande imaginés par Orwell pour 1984 ? Où était-ce l'un des enregistrements passés en boucle dans Le Meilleur des Mondes d'Huxley ? Et maintenant que j'y pense, était-ce un message du même genre, où n'était-ce pas exactement ce message, mot pour mot, lettre pour lettre, en noir sur fond jaune ? Non, non, c'est impossible. Et pourtant... N'y a-t-il pas quelque chose d'inquiétant dans l'idée de dire à la population du métro - celle-là même qui se presse chaque jour en gigantesques troupeaux pour aller nourrir les entreprises - qu'il faut craindre le vide ? Mais pour le remplir par quoi ? Le travail ? La consommation ? L'obéissance aveugle et servile ?... Est-il possible que, sans nous en rendre compte, nous ayons déjà basculé ?

Hi hi. Je plaisante. Mais je trouve que ça serait une bonne idée de faire une série de photos sur les panneaux qui peuvent avoir, comme celui-ci, un sens caché philosophique. "Route sans issue", "Vous n'avez pas la priorité", "Demi-tour impossible" etc. Et, depuis Sarko, "priorité à droite" !

samedi 31 mai 2008

De quoi meurent les gens perdus dans la nature ?

Ils meurent de honte.

Un chef d'entreprise (Anthony Hopkins) et deux employés (Alec Baldwin et Harold Perrineau) survivent à un crash d'avion. Youpi. Sauf qu'ils se retrouvent au beau milieu des montagnes, dans une forêt infinie, perdus, seuls, sans moyen de contacter les secours. Zut. Et ils sont poursuivis par un ours mangeur d'homme. Re-Zut. C'est le pitch du film The Edge (A couteaux tirés), écrit et réalisé par David Mammet, que j'ai revu il y a peu. Tandis que les deux employés commencent à paniquer, le vieux et sage patron, Charles, se tourne vers eux et leur dit :

Charles : "J'ai lu un jour un livre intéressant qui disait que... en fait, la plupart des gens qui se perdent dans la nature, ils... ils meurent de honte.
Stephen : Quoi ?
Charles : Oui, vous voyez, ils meurent de honte. "Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Comment j'ai pu être assez bête pour me fourrer là-dedans ?" Et donc ils restent là et... ils meurent. Parce qu'ils ne font pas la seule chose qui pourrait leur sauver la vie.
Stephen : Quelle chose, Charles ?
Charles : Refléchir."

Combien de fois ai-je pris des décisions hâtives qui n'ont fait que m'enfoncer au lieu d'écouter ce sage conseil ? On ne m'y reprendra plus !!